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 Là où tout a commencé [PV : Lenaelle Aublanche]

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I'm a fur
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Pierre Zélèss
MessageSujet: Là où tout a commencé [PV : Lenaelle Aublanche]   Dim 6 Déc - 14:59

25 ans. 25 ans qu'il n'était pas revenu ici, là où tout avait commencé pour lui. Sa naissance, sa famille, son clan, sa culture, son entrainement ... sa haine. Cette endroit, couvert par le sable, soufflé par des vents chauds, illuminé par un soleil souvent de plomb, était pour lui une source intarissable d'histoire, d'émotions, allant de la joie à la colère, et de souvenirs. Chaque sensations qu'il avait oublié lui revinrent à l'esprit : l'odeur de la roche, la chaleur du sable, sa texture particulière, sa douceur, le souffle parfois piquant du vent, les sons des vautours, battant leurs immenses ailes en quête de proies. Mais il y avait une chose, une simple chose qu'il ne pouvait pas oublié, même s'il le voulait : la majesté du Canyon Pourpre.

Pierre ne put s'empêcher de sourire en se remémorant tout ça, se sentant enfin à la maison, chose qu'il n'avait pas ressenti depuis de bien longues années. Pourquoi il n'était pas revenu ici depuis tout ce temps ? Les raisons sont multiples, mais la plus importante était qu'il se refusait d'y retourner avant d'avoir une force assez grande pour faire fuir le lâche qui était en lui. Cela peut paraître idiot comme raison, pas pour lui. Il savait que sa lâcheté l'avait sauvé ce jour là, mais le prix à payer était bien trop lourd à porter. Peut être était ce une autre raison de ne pas vouloir revenir ici ? Par peur d'affronter son passé ? Affronter les siens qu'il avait abandonné ce jour là ? Il savait bien qu'ils ne lui en voudraient pas, mais malgré ça, il avait comme un blocage. Mais maintenant il était prêt, prêt à affronter ses fantômes du passé.

Marchant d'un pas lent pour bien apprécier chaque détail des roches du grand canyon, il caressa doucement la paroi de ce dernier avec une étrange tendresse, comme s'il était à coté de son fils, son frère, sa famille. Ce qui était un peu le cas, on lui avait toujours appris que le Canyon Pourpre était en fait un être divin qui était devenu roche pour les protéger des tempêtes de sables, des prédateurs et de la chaleur accablante du soleil. C'était l'un des deux dieux qu'ils vénéraient. L'autre était la déesse de la terre et de la roche, celle qui avait donné leur magie, une déesse aimante, maternelle, juste mais parfois cruel, tout comme la terre elle même.

- je suis sûr que les miens sont parmi vous aujourd'hui, dit il en posant la tête sur la paroi, les yeux fermés. S'il vous plait, faites qu'ils soient heureux jusqu'à la fin des temps. Je voudrais les voir le sourire aux lèvres quand je prendrais ma place à vos cotés, si vous jugez bon de me l'accorder.

Il resta un instant comme ça avant de reprendre sa route lente. En 25 ans, peu de choses avaient changé. Il pouvait voir les rochers sur lesquels ils jouaient étant petits, les renfoncements dans la paroi rocheuse du Canyon, l'endroit où ils s'entraient à lancer les rocs avec leur magie, la manipuler, ect. Pierre pouvait même encore voir ces hommes, ces femmes et ces enfants s'acharner pour perfectionner leur magie, partie importante de leur culture.

Puis enfin il arriva devant son ancien village. Tout était calciné, abimé et en mille et un morceaux à cause des Furzy, du sable et du temps. Cependant tout était encore inscrit dans la mémoire de Pierre, chaque maison, chaque habitant, il se souvenait de tout dans le moindre détail, ce qui le troublait un peu de temps en temps. Il apercevait sur le sol des ossements, il n'était pas bien difficile pour lui de savoir de qui ils s'agissaient. Il marcha entre les os, prenant garde de ne pas marcher sur eux, avant de s'arrêter devant quelques bouts de bois et de rocs tenant faiblement.

- Je suis rentré ... papa ... maman, dit il d'une voix mélancolique, bien plus douce que d'habitude, au point que personne ne l'avait entendu parler ainsi.
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I'm a fur
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Lenaelle Aublanche
MessageSujet: Re: Là où tout a commencé [PV : Lenaelle Aublanche]   Lun 7 Déc - 8:52

Lenaelle parcourait les cieux clairs surplombant les terres de sa famille. Sous elle les plaines arides se succédaient sur des lieux et des lieux, le seul véritablement changement dans le paysage étant cette cicatrice gigantesque meurtrissant le sol. Le canyon ouvrait sa plaie, dévoilant des couches de roche striées par le temps et sculptées par les intempéries.
La chauve-souris n'y prêta cependant guère attention, elle se trouvait aujourd'hui dans les airs non pas pour admirer la beauté de son royaume mais bien pour un vol de reconnaissance. Aucun danger ne la menaçait cependant, il s'agissait là d'une simple mission pour aider un groupe de nomades rencontrés un peu plus tôt dans la journée.
Son museau se plissa doucement tandis qu'elle retirait son cache œil pour scruter le sol, quelque part devait se trouver une monture perdue appartenant au groupe nomade avec lequel elle tentait d'établir le dialogue depuis le début de la matinée. Tout ce qu'elle avait réussit à tirer d'eux étant que l'un de leur attelage avait cédé et qu'une monture trop utile pour être perdue avait disparue elle en déduisait qu'il s'agissait là d'une demande formulée de façon tacite pour lui demander de résoudre le problème si elle désirait aller plus loin avec le petit groupe.

Quelques lieux derrière elle sa troupe patientait près de son carrosse et des tentes de ses hommes. Une douzaine de garde et deux mages patientaient, l'un des deux mystiques tâchait de garder un contact télépathique avec elle afin de la retrouver où qu'elle se pose et de lui porter secours au plus vite si quelque chose arrivait. Quelque chose disait à Lenaelle qu'elle ne pourrait de toute façon rien rencontrer de bien dangereux sur son propre territoire sans s’apercevoir de la présence de la menace avant que celle ci ne devienne un réel soucis. Peut être était-elle présomptueuse, en tout cas elle faisait confiance à son expérience pour savoir que bien peu d'exactions étrangères étaient menées chez elle, surtout sans que la royauté soit mise au courant et n’envoie la garde pour soutenir les populations.

Un mouvement sous elle attira son attention et elle décrivit un large cercle pour repérer le point sombre qui se déplaçait dans la crevasse du canyon. Étant donné la taille du point et la façon dont il progressait ce devait être un furry ou un hybride, les humains n'étant pas assez nombreux ni libres pour que cela puisse être l'un d’entre eux. La chauve-souris s'interrogea rapidement sur ce qui pouvait pousser quelqu'un à déambuler ainsi dans un lieu aussi sec et inhospitalier, certainement l'individu avait-il perdu sa route et cherchait-il une population quelconque pour le guider. Jugeant comme de son devoir de guider l'étranger elle se rapprocha du sol jusqu'à se poser dans les ruines d'un village détruit. Son regard dériva sur les murs bâillant aux vents, le sable se déposait sur des restes de meubles calcinés, des os blancs piquetés par le temps et les frottements du sable transperçaient le sol aussi bien dans les rues que les ruines. Il n'était pas particulièrement agréable de ce trouver au milieu de cet ancien village, lequel ressemblait plus à une scène de guerre laissée intacte.

La mémoire de Lenaelle lui rappela rapidement les événements survenus ici, un groupe étranger avait attaqué le village, pour un motif quelconque, et lorsque la garde était arrivée, quelques semaines plus tard, afin de comprendre l'absence de nouvelles des habitants, il était trop tard. La princesse serra les dents, il n'était jamais bon de se rappeler un moment d'impuissance, mais en contemplant l'oeuvre de ses yeux elle affermissait son envie de ne plus jamais laisser une telle chose se produire.
Quelques mètres plus loin l'individu tourna à un angle, il ne l'avait pas remarqué. Elle le rattrapa d'un pas rapide, son épée balançant contre son flanc, et lui signala sa présence en restant à une distance respectueuse, elle ne désirait pas vraiment se faire tailler la gorge en se rapprochant pour le surprendre d'une main sur l'épaule.


-Vous ! Arrêtez vous là.
Elle attendit qu'il se retourne pour lui faire face, droite comme un I, et le détailla du regard en une seconde.
-Que faites vous dans ces ruines ? Si vous cherchez quelqu'un sachez qu'il n'y a plus âme qui vive ici depuis bien longtemps.
Elle croisa les bras et tourna légèrement le museau pour regarder les ruines sans perdre son interlocuteur du regard.
-Vous seriez-vous perdu ? Même si ce n'est pas le cas il faut laisser les morts en paix, je vous prierai de me suivre, et ce n'est pas une proposition.

Le ton n'avait rien d'agressif, elle se contentait d'agir selon son rang, la politesse était de mise mais elle donnait des ordres, non des conseils.
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Pierre Zélèss
MessageSujet: Re: Là où tout a commencé [PV : Lenaelle Aublanche]   Lun 7 Déc - 18:34

Pierre fronça les sourcils en entendant une voix féminine qu'il ne connaissait pas. Il se retourna lentement pour plonger son regard perçant vert émeraude dans celui de la jeune femme. Il fut quelque peu étonné de voir la princesse de Desperado Clooney devant lui, à plusieurs mètres de distance. Même s'il ne l'avait jamais vu personnellement, il l'avait vu dans plusieurs livres qu'il avait lu lors de ses contrats. Que pouvait elle bien faire là, si loin de la civilisation ? Plus important, que faisait elle chez lui ? Ce n'était pas évident à découvrir, les voyageurs trouvaient généralement son village complètement par hasard.

- Je ne sais pas ce que vous faites ici Princesse, mais je ne peux, ni ne veux vous écouter, lui dit il de sa voix calme et légèrement froide sans pour autant être agressif ou désagréable. Je suis ici pour me recueillir sur les restes de mon ancien chez moi.

Il caressa du bout des doigts un morceau de bois calciné et vieilli depuis de longues années. Il se souvint de sa maison dans le moindre détail. Elle n'était pas bien grande, un tout petit peu plus que les autres vu que sa famille était celle du chef de clan. Il se souvenait de la gentillesse de sa mère, de la force de son père, du respect qu'il éprouvait pour son grand père, du savoir intarissable de sa grand mère.

- J'ai vécu ici pendant 115 ans, souffla t il sans détourner le regard de son ancienne maison en ruine. Je suis le dernier survivant de cette tribu qui a été exterminé par les Furzy, il y a 25 ans de cela.

Il se tourna lentement vers la princesse, le regard plus doux, plus mélancolique qu'il ne l'aurait voulu, n'aimant pas montrer ce qu'il avait sur le cœur.

- Vous aurez beau m'en donner l'ordre ou me menacer, je ne partirai pas de ce qu'il fut chez moi. Pas maintenant ... Laissez moi affronter mes démons du passé pour que je puisse avancer s'il vous plait.

Sa voix était bien trop amicale pour lui, il n'aimait pas du tout ça. Il savait que c'était son vrai lui mais il préférait sa voix calme et froide et son comportement réfléchi, pas son coté ... sensible. Il secoua doucement sa tête, essayant de chasser ce maudit sentiment. Mais rien à faire, tout ses souvenirs le rendaient à fleur de peau, bien plus qu'il ne l'aurait cru en tout cas. Son cœur lui faisait mal, battant fortement dans sa poitrine. Son regard semblait vide, se rappelant de chaque maison, comme si rien n'avait été détruit, comme si tout cela n'était qu'un cauchemar dont il venait de se réveiller. Mais il savait bien que ce n'était pas le cas, il était bien le seul à avoir survécu à ce massacre.

Pierre se remit face à sa maison et fit quelque chose qu'il n'avait pas fait depuis longtemps : il se posa sur les genoux sur le sable, enleva doucement sa veste qu'il déposa à coté de lui, joint doucement ses mains et il se mit à chanter d'une voix claire et douce, les yeux fermés. Pendant ce chant empli de mélancolie, plusieurs larmes glissèrent le long de ses joues pour se mêler au sable, son corps ne pouvant plus retenir toute cette peine qu'il avait caché depuis tant d'années.
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I'm a fur
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Lenaelle Aublanche
MessageSujet: Re: Là où tout a commencé [PV : Lenaelle Aublanche]   Mer 9 Déc - 22:50

Alors que la princesse s'attendait à être écoutée, ou simplement à devoir décliner son identité car il n'était pas rare que des bandits utilisent les profondeurs du canyon pour se dissimuler, elle dut faire face à une option qu'elle n'avait pas envisagé. En face d'elle se tenait visiblement l'un des survivants du grand massacre ayant transformé le village autrefois prospère en cendres fumantes. Gênée par la façon dont elle s'était adressée à lui bien qu'elle n'y soit finalement pour rien, le don de double vue ne l'ayant jamais effleuré, elle choisit de rester en retrait afin de l'observer. Elle ne pouvait simplement pas repartir comme si de rien n'était, il lui revenait de s'assurer qu'elle n'avait pas affaire à un pilleur de tombe, et, si cet homme se trouvait bien être l'un de ces citoyens, de l'accompagner dans sa douleur.

Elle patienta donc, le long moment qu'il fallut au jeune homme pour se recueillir. Environ cinq mètres derrière lui elle gardait une paume sur la garde de son épée, elle ne désirait pas se retrouver en mauvaise posture s'il s'agissait là d'une ruse grotesque. Ses doutes se dissipèrent lorsque le jeune loup entreprit de chanter une liturgie connue des peuples du canyon. La princesse se recueillit alors avec lui, baissant la tête en fermant les yeux, elle attendit qu'il ait terminé puis se rapprocha de lui et lui posa une main sur l'épaule avec beaucoup de douceur.

-Je suis désolée, je ne pouvais pas savoir que vous êtes originaire de ce village et les pilleurs de tombes existent malheureusement toujours, ils cherchent les anciens charniers, les viles fantômes et traquent les tombeaux dans les sables.

Elle marqua une pause, le laissant se remettre car elle voyait qu'il ne feignait pas sa tristesse, les larmes poussiéreuses roulant sur ses joues en imprégnant sa fourrure.

-J'aimerai tout de même savoir, pourquoi revenir maintenant ? Des patrouilles sillonnent le désert, elles ne sont certes pas légion mais si vos passages étaient réguliers je le saurais, mes hommes parlent beaucoup lorsque nous cheminons seuls dans les dunes.


Elle tenait en effet à comprendre. Le drame du village datait de plus de vingt ans, les furzis avaient été repoussés et l'horreur malheureusement oubliée, comme un mauvais rêve évanouit. Qu'est-ce qui pouvait bien pousser l'un des autochtones de l'époque à revenir sur les ruines qui l'avaient vu naître.

-Accepteriez-vous de m'expliquer ? Je ne vous oblige à rien mais la curiosité maladive qui me caractérise ne saurait m'empêcher de vous demander.
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Pierre Zélèss
MessageSujet: Re: Là où tout a commencé [PV : Lenaelle Aublanche]   Mer 9 Déc - 23:48

Son chant lourd de souvenirs enfin à son terme, il prit un instant pour rassembler ses esprits, son regard étant complètement vide de sentiment et de vie, comme s'il était dans un état de transe. Ce qui était un peu le cas, son peuple avait appris, par ce chant, à se libérer temporairement de leur corps pour apaiser leur âme et des douleurs physiques qui pourraient les rendre fou. Il se souvenait de ces anciens capables de rester dans cet état de transe pendant de longues heures, pouvant travailler comme un jeune ayant ces pleines capacités. Pierre ne pouvait tenir qu'une dizaine de secondes car il ne s'y était pas vraiment entrainé, mais ces simples dix secondes le libérèrent de tout et permis à son corps de se calmer complètement.

Il prit une longue et profonde inspiration avant de souffler toute l'air de ses poumons et l'éclat dans ses yeux refit son apparition, montrant à la princesse qu'il était bien de retour parmi les mortels. Il se releva doucement en s'étirant, massant ses épaules et sa nuque qu'il craqua d'un brusque mouvement sur le coté.

Il sentit alors la main de la jeune femme se poser sur son épaule. Une main douce et agréable, rempli de compassion et non de pitié. Depuis le temps, il était capable de faire la différence entre ses deux choses là. Il posa doucement sa propre main sur celle de la princesse et la pressa doucement, le regard encore baissé sur le seuil informe de sa maison.

- Ne vous inquiétez pas, je comprends tout à fait, dit il de sa voix habituel mais sans le coté froid, juste amical et calme. Et oui, je connais parfaitement ce genre de personne, j'en ai déjà vu plusieurs fois lors de mes nombreux voyages et contrats qui forment maintenant ma vie dans le monde moderne.

Il se retourna finalement, plongeant son regard perçant et détendu dans les yeux de la princesse, ayant repris pleine possession de ses moyens. Son visage esquissa un léger sourire sincère et la salua respectueusement.

- Commençons par le commencement, je suis Pierre Zéless, j'étais un jeune habitant de ce clan vivant entre les parois rocheuses des Canyons Pourpre. Maintenant je ne suis qu'un mercenaire homme à tout faire. Pour ce qui est de ma raison d'être revenu ici après 25 ans d'absence ... Il marque une courte pause, baissant les yeux pendant cet instant, avant de reprendre, la regardant à nouveau dans les yeux : lors de l'attaque, j'ai eu la lâcheté de fuir pour survivre. Ce jour me hante depuis le début mais je n'avais pas le courage de revenir ici après cet acte. J'en avais honte jusqu'à plus profond de mon être, j'avais abandonné les miens, même si je sais pertinemment que si j'étais resté, j'aurais sans aucun doute péri avec eux. Je n'étais pas prêt à affronter cet endroit après ça, du moins, jusqu'à aujourd'hui. Je voulais me recueillir, leur demander pardon, prier pour eux. Comme vous aller au cimetière pour vous recueillir sur la tombe de vos ancêtres.

Il prit un instant pour respirer, venant de remarquer qu'il avait fait une bien longue tirade pour expliquer sa raison ici. Il se racla doucement la gorge et s'excusa un peu pour ce long blabla qui n'était pas dans ses habitudes.

- Et vous Princesse ? Qu'êtes vous venu ici dans ces terres reculés ? demanda t il à son tour, la curiosité étant également un de ses vilains défauts. Que je sache, le palais est relativement loin d'ici et nous sommes dans une terre relativement cachée et reculée. Pas que votre présence en ces lieux me dérangent, je vous ai toujours apprécié par votre bonté et votre justesse, mais je n'arrive pas à voir pourquoi vous êtes sur la terre de mes ancêtres.
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I'm a fur
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Lenaelle Aublanche
MessageSujet: Re: Là où tout a commencé [PV : Lenaelle Aublanche]   Dim 13 Déc - 22:06

La princesse ne retira pas sa main lorsque celle du loup se posa dessus. Son pouce recouvrit celui du jeune homme avant qu'elle ne le laisse se redresser et que son bras ne rejoigne le long de son corps. Elle lui rendit son salut, d'un très léger hochement de museau qui convenait à son rang, puis l'écouta se présenter.
Elle n'avait jamais entendu parler de lui, il était logique qu'il soit de toute façon impossible de retrouver un enfant s'enfuyant dans les cachettes du canyon que lui seul et ses camarades connaissaient. Elle se trouvait néanmoins surprise qu'il ne soit revenu que pour la première fois, après un tel traumatisme, elle aurait peut être fait une croix pour toujours sur le lieu des atrocités, ou bien elle en aurait fait celui de son pèlerinage pour ne jamais oublier ce qui s'était passé. Le jeune homme nageait entre deux eaux, du moins pour la princesse, mais elle ne l'en blâmait pas. Une fois qu'il eut terminé elle fixa sa pupille noire dans l'un des yeux du loup, sérieuse sans trop en faire.

-Je suis navrée de ce qui est arrivé à votre village, le dire ne changera rien mais lorsque nous avons apprit que celui ci était réduit en cendres la tristesse s'est abattue au palais. Mon père, ma mère et moi même avons porté un écusson noir sur le poitrail pendant une semaine, ce n'était pas grand-chose, mais il faut faire savoir au peuple que la barbarie qu'il subit nous atteint autant que lui. -elle soupira doucement- Et personne ne vous blâme d'avoir sauvé votre peau, au mieux vous seriez mort ici, au pire après avoir été torturé, ce qui n'est pas plus enviable. Pour ma part je me suis rendu ici par hasard, mon campement se trouve plus loin, en dehors du canyon. J'y suis établie avec un groupe nomade. La noblesse tente de nouer des liens plus importants avec ces gens que nous ne voyons que rarement. L'une de leur monture s'est enfuie et ils ne peuvent s'en passer, je la recherche donc depuis les hauteurs, mais comme je vous ai aperçu dans les ruines je suis venue vérifier que vous ne soyez pas l'un de ces immondes pilleurs de tombes.

Elle termina ses explication par une petite grimace rageuse sous entendant qu'il lui était déjà arrivé de rencontrer ce genre d'individus et que les souvenirs lui restant de ces entrevues n'avaient rien de réjouissant.


-Mais passons. Désirez-vous que je vous laisse seul ? Je le comprendrai, d'un autre côté mon campement n'est pas si éloigné que ça et je le rejoindrai sitôt la monture retrouvée. Peut être pourriez vous profiter de notre présence pour rejoindre plus facilement l'une des villes alentours.


H-RP:
 
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Pierre Zélèss
MessageSujet: Re: Là où tout a commencé [PV : Lenaelle Aublanche]   Mer 16 Déc - 23:21

Pierre l'écouta patiemment sans rien dire, la laissant finir. Il apprécia le fait que même sa petite tribu était un minimum apprécié par la royauté, même s'il savait très bien que cela ne les ramènerait pas. Cependant savoir qu'il n'était pas le seul à en avoir souffert l'apaisait un temps soit peu. Certes, ce n'était pas à la même intensité, mais il se sentait un peu moins seul. Un sourire sympathique sur ses lèvres contrastait avec son regard calme et froid.

- Même si le dire ne change pas grand chose, le fait que la perte de mon clan vous ait affecté un tant soit peu suffi à alléger légèrement ma peine, dit il d'une voix un peu plus douce que sa voix froide et posée. Nous cherchions pas à être bien vu par la royauté ou par le peuple, nous nous contentions juste de vivre, de survivre et de perpétuer nos croyances et notre façon de vivre. Et oui, il est certain que si j'étais resté, j'y serais sans doute passé. Mais vous vous êtes jamais dit "pourquoi suis je celui qui a survécu ? Pourquoi pas un autre ? Pourquoi suis le seul à avoir survécu ?" ? Ces questions me hantent l'esprit depuis le début, même si je sais pertinemment que c'est comme ça et pas autrement. Mais bon, je pense que vous savez que quand vous considérez avoir fait une faute grave, vous vous pardonnez difficilement à vous même.

Il fit une pause et regarda le ciel en respirant profondément, les yeux fermés.

- J'entends encore le rire des enfants jouant dans le sable, les ancêtres parlé de leur anecdote, les chasseurs souriant, montrant leurs proies aux bambins qui s'extasiaient devant ces dernières, les hommes qui faisaient la cour aux femmes ... ou l'inverse parfois, elles étaient très audacieuses. J'ai moi-même été touché par la grâce d'une d'entre elle ...

Il rouvrit les yeux, le regard empli d'une profonde tristesse malgré son sourire toujours présent. Il posa sa main sur son cœur, les larmes montant à nouveau.

- Pourquoi moi ? Les jeunes avaient encore tellement de chose à voir, les ancêtres tellement de savoir à donner, les chasseurs tellement de talent ... Il regarda ses mains qui se resserrèrent en poings crispés de frustration et de colère envers lui même. Moi, je n'étais pas spécialement doué à la magie, ni spécialement fort au combat, je ne connaissais nos croyances sur le bout des doigts. Je ne suis qu'un condensé de rage, de frustration qui veut une réponse autre que celle qui connaît déjà, malgré le fait qu'il sait pertinemment qu'il a raison.

Ses poings se posèrent sur son front, les émotions reprennant possession de son corps. Cet endroit le rendait bien trop nostalgique, ses souvenirs le remplissaient comme un verre entrain de déborder jusqu'à ce que la pression le fasse craquer, voir exploser.

- Pourquoi la vie doit être aussi ... injuste ?

Il finit par tourner les talons pour s'éloigner de son ancien village natal, de nouvelles larmes coulant le long de ses joues.

- Je vous suis, rester ici va finir par me rendre dingue, dit il en se mordant la lèvre inférieur, se dépêchant de remettre sa capuche sur sa tête pour cacher ses émotions, ayant la sainte horreur de se sentir aussi faible et impuissant envers son corps.
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Lenaelle Aublanche
MessageSujet: Re: Là où tout a commencé [PV : Lenaelle Aublanche]   Jeu 17 Mar - 0:00

Lenaelle suivit le jeune loup de l'oeil. Elle n'était pas tendue mais, même s'il ne semblait pas méchant, se tenait prête au cas où il tenterait une bêtise. Il ne serait pas le premier à sa connaissance à vouloir extérioriser sa peine de façon exotique, comme en se transperçant ou en coupant un bon à quelqu'un de proche de grands mouvements avec une arme.
C'est donc vaguement soulagée que la princesses accueillit la décision de Pierre. Une main posée sur son baudrier, proche de la hanche, elle attendit qu'il la rejoigne près du chemin permettant de remonter la falaise pour atteindre les hauteurs surplombant le canyon.

-Le mieux que je puisse vous dire c'est de ne pas vous tourmenter. C'est facile pour moi, ça ne me coûte rien et vous pouvez parfaitement penser ainsi. Mais je suis princesse de ce royaume, héritière en titre. Aussi, lorsque je vous vois, c'est comme une part de mon peuple, une part de moi même, et cela m'attriste pour vous comme pour moi même. La couronne n'était pas là à l'instant nécessaire, la faute nous incombe de vôtre malheur. S'il vous faut un coupable laissez nous porter ce poids, nous avons des épaules solides et l'habitude de faire face aux tragédies.
Elle lui sourit doucement, un petit sourire doux qui n'avait rien de spécial mais lui donnait l'air plus agréable, plus abordable, plus... moins impériale et hors d'atteinte pour ainsi dire. En effet, Lenaelle avait beau être princesse, juchée sur un piédestal en rapport du reste de son peuple, elle ne manquait pas d'en descendre lorsqu'elle estimait que la situation le demandait. Pour l'honneur de sa famille et ses valeurs de respect, elle prenait toutes les charges du drame. Son altesse tourna alors le dos au loup et commença l’ascension d'un pas mesuré, afin que cela presse son compagnon de la rattraper sans qu'il n'ait à courir.
-Sachez que je ne crois pas vraiment à la vie après la mort. Je pense qu'il peut exister quelque chose, mais que si cela permettait aux morts de communiquer avec nous sans affinités particulières pour recevoir le message nous le saurions depuis longtemps. Cependant certains individus y parviennent, il doit donc bien y avoir un semblant de logique qui permet à ce qui reste du passé de subsister pour contempler le présent. Vos paroles n'ont pas été perdues. Cessez donc de vous tourmenter maintenant. Si les vôtres ont reçu le message que vous leur avez adressé ils ne retireront que plus de fierté à vous voir aller de l'avant, et si ce n'était pas le cas, une vie est inestimable, payer le prix des morts des autres avec est un gâchis.
Lenaelle rajuste son col, une petite bourrasque l'ayant moucheté de sable qu'elle chassa au passage. Il lui semblait important non pas de donner dans la psychologie, mais simplement de faire accepter au loup d'abandonner l'aspect sombre et fatidique de son passé. Elle repensa alors à une chose.
-Ma mère a pour coutume de dire : "Le souvenir est une arme inhabituelle. Il possède trois tranchants, tous aussi acérés. Le premier est la connaissance, qui permet de ne pas répéter les erreurs et te fera transpercer semblable difficulté dans le futur. Le second sont les sentiments, bons comme mauvais, ils ne doivent pas contrôler ta vie car ces instants son passés et tu n'y peux rien changer. Le dernier est l'oublis, oublier ouvre une blessure dans l'âme, il faut se souvenir pour exister, il faut un passé pour un futur." J'ai choisis ma voie depuis bien longtemps pour ma part, je vous conseille de faire rapidement de même.
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Pierre Zélèss
MessageSujet: Re: Là où tout a commencé [PV : Lenaelle Aublanche]   Jeu 17 Mar - 20:16

Pierre se regarda la princesse pendant quelques instants, son regard plongé dans le sien, perçant. Puis il eut un faible sourire et la salua doucement de la tête.

- Je vous remercie de cette gentilesse dont vous faites preuve à mon égard. Mais ne vous en faites pas, cela fait maintenant 25 ans que je vis avec ça, je peux continuer à vivre 25 ans de plus de la même façon. Enfin, si je me fais pas tuer d'ici.

Il ne put s'empêcher de ricaner sans réel joie, son rire se changeant lentement en un long soupir. Tournant le dos il sortit doucement une cigarette de sa poche, la glissant doucement entre ses lèvres avant de l'allumer avec son briquet, tirant une première taffe de celle ci et de souffler un petit nuage de fumée qui se dispersa avec le vent.

- La faute n'est pas la votre. La mort est le quotidien du vivant, j'ai beau être un décérébré ne savant que jouer des poings pour survivre, je le sais bien. Après tout, nous sommes tous voué à mourir un jour ou l'autre. La nature avait déjà tué plusieurs des miens et, même si la tristesse me prenait les entrailles, je n'ai jamais voulu à mère la terre d'avoir emporté le dernier souffle de mes frères et de mes sœurs. La nature a toujours été la loi du plus fort. Cependant ...

Ses muscles se contractèrent, repoussant légèrement le tissu en cuir de sa veste, ses articulations ressortant de son cou plutôt musclé. Sa voix était toujours calme mais taché d'une haine qui ne chercha pas à cacher.

- Tuer tout un peuple, femme et enfant inclus, les égorger sous les yeux des hommes avant de les exécuter à leur tour ... Peu importe ce que l'on pourra me dire, ses crevures de Furzy finiront la gorge broyé par ma main. Est ce que les miens veulent ça ? Non. Est ce que je veux ça ? Oui. Pourquoi ?

Ses yeux se posèrent une nouvelle fois sur le regard de la princesse, le regard injecté de sang, des éclairs de magie s'échappant de ses yeux, un éclat noir brillant dans ses iris verts, brillante d'une grande intensité.

- Parce que je n'ai que ce but pour me maintenir en vie.

Il resta dans cet état pendant quelques secondes avant d'écraser son poing sur son front avec force, le coup retentissant entre les parois des falaises les entourant. Un fin filet de sang s'échappa, coulant le long de l'arête osseux de son nez, passant par le coin d'un de ses yeux, donnant l'aspect d'une larme ensanglanté. Pierre sembla se détendre un peu et regarda le ciel, remettant sa capuche en cuir pour cacher son visage.

- Pardonnez moi ... je suis mentalement instable quand je repense à ce qui s'est passé ce jour là. Ca me dévore les entrailles chaque jour que j'y pense. Votre mère a bien raison pour ce qui est des souvenirs. Cependant je suis bien trop stupide et pas assez malin pour passer à autre chose. Mon corps entier et mon cœur en seraient bien incapable.

Il coupa un peu son blabla interminable et poussa un nouveau long soupir, accompagné par un amas de fumée venant de sa cigarette. Il n'affronta plus le regard de la jeune femme derrière lui, honteux de son état.

- On ne peut pas sauver tout le monde, et certains ne peuvent pas se sauver soi même. Je ne veux pas qu'on me sauve ou qu'on me comprenne, je veux juste punir ceux qui ont tué les miens sans la moindre pitié. Pouvez vous comprendre cela, princesse ? Que feriez vous à ma place ?
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I'm a fur
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Lenaelle Aublanche
MessageSujet: Re: Là où tout a commencé [PV : Lenaelle Aublanche]   Mar 22 Mar - 21:52

La montée semblait interminable, fort heureusement pour elle, la chauve-souris avait un compagnon au verbe prolixe, et elle ne trouva pas matière à s'ennuyer. Son regard dériva vaguement sur les cieux dont le bleu profond semblait la narguer comme une mare d'eau fraîche sous ce soleil de plomb, mais elle en avait l'habitude, et plus que l'azur c'était d'éventuels assaillants tout aussi bien pourvus qu'elle dont elle vérifiait la possible présence. Ses oreilles droites, la princesse ne perdait rien des sons alentours, à plusieurs dizaines de mètres de là, rien ne pouvait lui échapper, si bien qu'elle se tenait alerte sans pour autant garder la main sur sa garde, et c'est d'un pas tranquille quoi que vigoureux qu'elle enfonça les griffes dans la terres sèche du faîte du canyon.
Là, la princesse se retourna pour observe ce qui se passait en contrebas. Des grains de sable tourbillonnaient en chutant, allant de droite et de gauche pour mieux brouiller sa vision. Elle avait toutefois été capable d’apercevoir le loup depuis les hauteurs de cieux, aussi la roche en poudre ne lui posa-t-elle aucun problème. En revanche, un vrai problème arrivait, car si elle avait prêté attention aux alentours Lenaelle n'en avait pas pour autant négligé son compagnon.
L'oeil dans l'un des siens elle le jaugea un moment. Il était assez grand, bien bâtit sans être une ridicule montagne de muscles. Elle ne doutait pas qu'il sache se servir de son épée même si elle ne le croyait pour le moment pas capable de l'égaler, chose que peux de gens parvenaient à faire. Il manipulait certaine une magie de terre, plus ou moins bien cela elle ne pouvait le sentir, et vouait une haine féroce à ceux ayant exterminé son clan.
Elle pouvait comprendre ce dernier point, elle pouvait comprendre le désir de vengeance, mais seulement ce désir, pas ce but. Aussi déclara-t-elle avec une neutralité indifférente.

-Non. Je ne peux et ne pourrais jamais comprendre quelqu'un vouant son existence à l'extermination d'autres individus, aussi atroces soient-ils. Je ne peux ni le comprendre ni faire semblant de le comprendre. Dans ma conception de la vie, celle ci a besoin d'un but productif, la mort n'apporte strictement rien de plus à la vie.
Lenaelle étendit une aile vers la droite et une vers la gauche, pointant deux direction opposées, commençant par la première elle dit :
-Dans cette direction se trouve mon campement et celui des nomades. C'est là que je vais me rendre, il y a des tentes, des vivres, des boissons tièdes et de quoi se débarrasser au moins un peu du sable et de la poussière des voyages. Si vous le désirez je peux vous inclure dans ma cohorte, auquel cas vous me suivrez lorsque je me déplacerai, jusqu'à ce que vous en ayez décidé autrement. De l'autre côté se trouve le désert, des villages, la frontière, un autre pays où vous pourrez assouvir votre soif de sang aveugle.
Elle rajuste son baudrier, son fourreau tapant doucement contre sa cuisse, et posa une paume sur la garde de son épée comme elle l'aurait fait pour sa hanche. Droite comme un cactus, le port altier, elle n'aurait jamais put avoir l'air d'une mercenaire, même ainsi en plein milieu du désert. Le soleil accrocha son oeil, l'emplissant de lumière tandis qu'il recouvrait le cache de son autre orbite d'un voile scintillant. La prunelle de la princesse rencontra celle du loup, et elle dit ce qu'elle pensait, simplement sans sentence ni grandiloquence, mais ce qui lui semblait être une évidence.
-Venez avec moi. Vous êtes fort, vous venez d'un clan de ce pays, un clan que peu connaissaient et que beaucoup ont oubliés, il serait triste que cela empire par la mort de son dernier représentant. Si vous partez en quête de vengeance vous trouverez la mort et la déception. Tuer ne vous ramènera personne, cela n'apaisera pas vôtre douleur et vous risquez de gâcher vôtre vie. Mais à l'opposé, je vous tend la main. Je ne suis ni vôtre mère ni vôtre amie, je suis vôtre princesse, je suis celle qui veille sur chaque sujet de ce royaume, et vous avez besoin que l'on vous guide. Je ne dis pas que je vous comprends, ce serait mentir, et je ne peux vous sauver sans que vous le vouliez vous même. Mais je peux au moins vous offrir un sursit pour réfléchir, il n'est jamais trop tard. Mon rôle était de vous protéger, il n'a pas changé, mais aujourd'hui c'est de vous même que je dois le faire.
Sur ce, elle lui adressa un petit salut du museau, vif hochement de tête qui aurait valut l'étranglement de certains courtisans car une princesse n'a pas à saluer un simple mercenaire. Puis elle s'en fut, d'un pas rythmé, les pattes plates et la stature fière de qui va sur un sol qui lui appartient. Dans son dos sa petite queue se balançait doucement, les fils de soie rouge, d'or et d'argent reflétant doucement l'astre du jour comme des veines incandescentes dans la fourrure. Son fourreau ne bougeait pas, la paume de Lenaelle toujours appuyée sur la garde jusqu'à ce qu'elle ramène sa chevelure en arrière, se faisant rapidement une natte pour empêcher ses cheveux de voler au grès de leurs envies et d'amasser le désert dans leurs noeuds.
Il ne tenait qu'à Pierre de suivre ses pas.
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Pierre Zélèss
MessageSujet: Re: Là où tout a commencé [PV : Lenaelle Aublanche]   Mar 22 Mar - 23:13

Il regarda la princesse s'éloigner d'un pas rapide sans un mot et regarda le désert d'un regard neutre et calme. Le choix était le sien, un choix simple, deux options qui le conduiraient à deux vies bien différentes. Cependant cela n'était pas si simple que cela pouvait paraître, au contraire, c'était même un étrange supplice pour le loup. Ses yeux se posèrent sur le ciel bleu, comme pour chercher en vain une réponse à ce choix qu'on lui donnait. Ses pensées tournèrent et virèrent, commençant même à lui donner une insoutenable migraine. Et un cri sortit instinctivement de sa bouche, venant tout droit de ses tripes et de ses entrailles, un cri mêlant rage, haine, peine, désespoir et incompréhension. Ou était ce juste pour se défouler de cette sensation d'entrave qu'il ressentait ? Lui même n'en avait aucune idée. Tant bien même qu'il finit par rejoindre la furry chauve souris, marchant à ses cotés.

- Je tiens à mettre les choses au clair avant que vous pensiez quoi que ce soit, dit il calmement, même si sa voix semblait ... plus naturel, comme s'il parlait enfin à cœur ouvert. Je ne renonce pas à détruire les Furzys qui ont détruit ma vie et je ne renonce pas à ma liberté et à ma vie de mercenaire. Les gens d'en haut pensent bien souvent que tuer est une chose sale et inutile, peut être avez vous raison, peut être avez vous tord, je n'en sais foutrement rien, je ne suis pas bien placé pour dire quoi que ce soit à ce sujet là. Cependant, il faut bien quelqu'un se salisse les mains quand certains ferment les yeux et je n'ai pas peur d'être cette personne.

Il poussa un long soupir et reprit une taffe de sa cigarette, une grande et longue, au point que le tabac était déjà à moitié consumé. S'ensuivit un nuage de fumée blanc épais comme le brouillard qui s'échappa de sa bouche, s'envolant dans les airs avant de se dissiper avec le sable. Il reprit ensuite d'un ton plus posé, détendu.

- Je sais bien que les miens ne reviendront jamais et que poursuivre les Furzys jusqu'à ma mort n'est pas la meilleure chose à faire. Mais ...

Il baissa les yeux et regarda ses mains entourés par ses gants de motards en cuir, couvert de cicatrices et de contusions, avant de les serrer fermement, faisant crisser le cuir dans un très léger couinement.

- Je ne connais que le langage des poings et de la survie. Je n'ai jamais prétendu faire le bien ou le mal, être un justicier ou bien un tueur sanguinaire. Je fais simplement ce que ma conscience, mon cœur et mon âme me disent de faire.

Pierre termina sa cigarette et l'écrasa dans sa main d'une forte poigne, avant de l'ouvrir et de laisser partir les cendres aux quatre vents, virevoltant avec le sable, différent des grains.

- Je ne vous suis pas parce que vous me l'avez demandé princesse. Et je ne serais sans doute jamais un de vos sujets, je ne veux pas vivre aux crochets de la royauté. Cependant, vous avez raison pour deux choses : ma mort conclura l'histoire de mon clan, chose que je ne peux pas laisser pour le moment avant d'avoir eu une descendance. Et de deux ... Je n'ai pas encore vu cette possibilité de vivre. Mais avant de reprendre la route, je vais vous poser une simple question, libre à vous d'y répondre maintenant, plus tard, ou bien de garder la réponse pour vous ?

Le loup se mit devant elle et la regarda droit dans les yeux, le regard moins froid et semblant plus doux, mais aussi plus ferme et empli de conviction.

- Est ce qu'un violeur arrêtera ses agissements simplement en l'enfermant ? Et après avoir purger sa peine de prison et qu'il recommence, pensez vous que l'enfermer à nouveau sera utile ? Et surtout, seriez vous capable de regarder dans les yeux la mère et/ou le père de l'enfant dans les yeux après ça ? Je vous dis ça parce que j'ai déjà eu ce cas de figure. Je l'ai laissé une chance de se repentir. Il a recommencé. Les parents étaient prêt à me léguer le peu de bien qu'ils avaient pour retrouver cet homme et à le tuer. Et je l'ai fait, sans aucun remord. Etait ce bien ? Etait ce mal ? Je ne sais pas, le bien et le mal sont des choses subjectifs qui diffèrent en fonction des êtres vivants. Mais cela n'empêche que les parents m'ont remercié à genoux d'avoir vengé leur fille qui n'a pas survécu à cet acte. Et j'ai refusé leur offre, pas par bonté, tout simplement parce que j'ai fait ce que je devais faire.

Il cligna doucement des yeux, son regard se faisant moins ferme, plus amicale, lui donnant une allure presque paternel, à la limite du professeur, même s'il ne s'en rendait pas vraiment compte.

- J'ai suffisamment vécu pour savoir que tuer n'est pas une bonne chose. Cependant la mort est parfois nécessaire, soit pour pouvoir continuer à vivre, soit pour protéger ceux que l'on aime. J'ai tout perdu, d'autres n'ont pas à tout perdre. Je ne prétends pas être un héros, je n'en suis pas un. Mais je sais ce que c'est de perdre quelqu'un, et je veux que personne ne subisse ce supplice par la main d'un autre. Si la mort doit venir, elle viendra de la maladie, ou de la vieillesse. Et oui, j'ai déjà tué des personnes appartenant aux membres d'une famille. C'est pour ça que je dis que je ne suis pas quelqu'un de bien. Je suis juste ... moi. Rien de plus, rien de moins. Juste le dernier membre d'un clan mort utilisant la seule chose qu'il sait faire pour rendre le monde un peu moins noir, quitte à se tinter de sang et de graver à jamais les morts qu'il a causé dans la pierre qu'il appelle sa mémoire.

Et il reprit la route d'un pas souple et rapide. Etait il prétentieux pour oser dire cela à une personne de sang bleu ? Etait il qu'un vulgaire effronté qui devrait apprendre à rester à sa place ? Peut être, Pierre pouvait le reconnaître lui-même. Mais il avait toujours été honnête envers lui-même et envers les autres, disant ce qu'il pensait de lui-même, de ses actes et des autres, peu importe leur classe sociale. De toute façon, ce qu'il voulait dire avait été dit, le question était : comment allait réagir la princesse face aux paroles du mercenaire ?
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Lenaelle Aublanche
MessageSujet: Re: Là où tout a commencé [PV : Lenaelle Aublanche]   Mer 23 Mar - 14:28

Dans les sables virevoltants annonçant l'arrivée dans la zone plus sablonneuse du désert, la princesse avançait d'un pas cadencé, tranquille et martial à la fois. Elle avait dans son attitude la résistance d'un être immuable que les éléments et le temps ne font que caresser avant de poursuivre leur route. En vérité, elle songeait comme tout un chacun. Son oeil fixe scrutait la ligne d'horizon, ondulant dans les vagues de chaleurs, et ses pensées vagabondaient, se rencontrant pour se rejoindre en une chaîne à la colonne vertébrale logique mais dont les ramifications se perdaient en conjectures. Il y avait l'incrédulité la saisissant toujours face à un individu n'ayant pas de but sensé, l'envie de retrouver un bon bain qui lui retirerait le sable et la transpiration couvrant son corps, les procédés de négociation à mettre en place avec les tribus nomades étant donné qu'elle rentrait les mains vides. Tant de choses et si peux de temps pour les faire, même pour s'imaginer les faire.
Lenaelle soupira doucement dans le vent et continua sa route sans prêter attention aux pas qui la rattrapait. Elle avait espéré qu'il choisirait de la suivre, mais elle se doutait qu'il ne le ferait pas plein de ferveur, plus par compromis parce que c'était plus simple pour lui. Elle se contenta de tourner la tête pour lui envoyer un regard impassible avant de continuer à fixer le lointain tandis qu'il parlait, et plus elle en entendait plus elle avait cette envie quasi irrépressible de lui envoyer une gifle pour le faire taire. Elle aurait cru entendre un enfants utilisant le prétexte que de vilains messieurs avaient mal agit pour agir stupidement.
S'il n'était pas l'un de ses sujets il n'était pas de cette patrie, pas de celle de son clan, il rompait non seulement les ponts avec elle qui lui proposait une aide donnée à tous, mais aussi avec son passé, son peuple dont l'histoire était mêlée à celle du désert et de sa royauté. En se disant incapable d'abandonner sa vie avant d'avoir eut un fils il promettait de laisser un orphelin derrière lui, ainsi qu'une veuve, quelle carrière splendide ! Mais le plus beau rester le fait de «Ne pas vouloir vivre aux crochets de la royauté». Qui était-il pour se permettre ce genre de remarques. En faisant ainsi passer l'aide proposée pour une sorte de pitié ou de clémence dégradante il remettait en cause le devoir de la noblesse de protéger son peuple, sa raison d'exister. Et par la même, il se proclamait pariât. Pariât n'ayant pour but que la mort et promettant de ne pas laisser son clan s'éteindre en affublant une veuve d'un orphelin. Même un enfant ne se montre pas aussi idiot. Aussi, lorsque à la fin de son laïus il se planta devant la princesse pour lui poser sa merveilleuse question aussi branlante que ses explications, il eut droit à un regard condensant tout l'ire de Lenaelle, un véritable feu rose, et elle lui répondit d'un ton plat et tranchant.

-Nous, avons-nous le droit de nous poser en juges de la vie ? Pour déterminer qui a le droit d'exister et qui doit disparaître ?
Profondément agacée elle le laissa suivre son charmant discours puis reprendre la route. Qu'il se croit grand prince, c'était son affaire, sauver un abrutis de son aveuglement ne se faisait pas en deux jours, elle y reviendrait plus tard, pour le moment des affaires autrement plus importantes l'attendaient au campement. Revenant à ses caravaniers en pensée elle reprit la marche, d'un bon pas comme toujours, et lui adressa pour dernière paroles jusqu'à l'arrivée au camp :
-Vous trouverez un garde du nom de Yasim, c'est un tigre large d'épaules et tranquille. Demandez lui une tente et une gourde pleine, je me retirerai là où mon devoir me mande.

Vingt minutes plus tard, le campement surgissait des sables à l'envers d'une dune. Une trentaine de tentes, de peaux ou de tissus, se dressaient en cercles. Le plus large était celui des caravaniers mêlé à celui des gardes. Le plus petit celui des marchandises, des animaux et du dirigeant de la caravane ainsi que de la garde privée de la princesse. Au centre se trouvait le pavillon privé de cette dernière, une tente paraissant large ainsi mise en valeur mais qui n'avait pourtant rien à envier à celle de certains caravaniers riches de plusieurs décennies de commerce pour agrandir la leur.
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Pierre Zélèss
MessageSujet: Re: Là où tout a commencé [PV : Lenaelle Aublanche]   Mer 23 Mar - 19:02

Cela était clair, tout deux avaient un point de vue bien différent sur la manière de vivre en elle-même. Peu lui importait, il se moquait éperdument qu'elle le comprenait ou le rejetait, il a dit ce qu'il avait à dire et voilà. Il ne chercha plus à argumenter avec elle, l'un comme l'autre était convaincu d'avoir raison, inutile de gaspiller sa salive avec d'autres blabla inutile. Cependant, malgré ce différent, il remercia la princesse en baissant doucement la tête et alla voir le garde en question pour quémander poliment sa gourde à ce fameux Yasim, répondant le plus simplement aux questions qu'il lui posait sans aller dans le détail, pour ensuite se poser un peu plus loin, à l'écart du campement, assis sur le sol contre un rocher.

Le temps passa tranquillement, les personnes du camp faisaient ce qu'ils avaient à faire, Pierre se contenta de rester dans son coin. S'ils voulaient de l'aide, ils n'avaient qu'à lui demander et il le ferait sans un mot. Mais il n'aimait pas se mêler aux autres. Peur des autres ? Insociable ? C'était tout à fait possible.

Il sortit alors une nouvelle cigarette de sa poche qu'il alluma avec son briquet, la tête posée sur la roche, et il la fuma tranquillement, regardant le sable tourbillonnait dans une danse sans fin, à la limite de l'archaïque. Son regard était étrangement vide, sans émotion, plongé dans les ondulations du sable sous la chaleur du soleil. Il ne buvait pas beaucoup, voir très peu, son corps étant habitué à la chaleur du désert. Et il ne mangea pas non plus, encore une fois, parce que son corps était habitué à manger peu, la vie de mercenaire ne lui permettant pas de manger tout les jours à sa faim.

Le temps continua de passer, lentement, tranquillement. Le soleil continua sa route progressive jusqu'à l'horizon, faisant rougir le ciel pour le rendre d'une rare beauté. Le loup posa son regard sur ce spectacle qui aimait énormément, observant chaque détail de cette peinture réelle. Ce fut alors qu'il ouvrit la bouche pour laisser sortir un chant. Sa voix semblait plus grave, à la limite du caverneux, parlant une langue que personne ne connaissait à part lui. Ce n'était pas à cause du manque de connaissance des autres personnes, c'était tout simplement parce que personne ne connaissait cette langue à part lui et les siens, langue que son clan avait crée depuis le commencement du clan : la langue de la terre.

Pendant ce chant, les larmes de Pierre coulèrent lentement, perlant le long de ses joues, tel de petits ruisseaux s'échappant de leur lac, mais son visage ne grimaça pas pendant ce pleur silencieux, il se contenta juste de chanter, comme on lui avait appris, comme il aimait chanter, comme il aimait se souvenir de son père et de sa mère qui chantait cette berceuse pour l'endormir.
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Lenaelle Aublanche
MessageSujet: Re: Là où tout a commencé [PV : Lenaelle Aublanche]   Mer 23 Mar - 19:51

Arrivée au campement, la princesse se dirigea du même pas guerrier qu'a travers le désert, sa natte battant doucement entre ses omoplates tandis qu'elle filait entre les tentes. Elle salua brièvement quelques gardes et caravaniers sans se détourner de son chemin, et personne ne tenta d'engager une vraie discussion avec elle, se contentant de quelques banalités. Il était évident que si Lenaelle n'était pas dans une passe d'humeur désagréable elle n'entendait toutefois pas être dérangée de son but, lequel se trouvait être son pavillon.
Lorsqu'elle franchit les murs de toile un furry releva la tête du plateau sur lequel ses mains se promenait. Le regard coupable il ressemblait à un voleur prit la main dans le sac, ce qui aurait été le cas s'il n'avait pas appartenu à la suite de la chauve-souris. Sous ses doigts un plateau d'argent si lisse qu'il aurait put servir de miroir présentait un assortiment de dates, de figues du désert et de petits fruits secs et fripés traditionnels. Et la raison de ce regard soucieux de la part du serviteur se trouvait bien évidemment là, il n'avait pas finit de les ranger par couleur, ni de faire des dessins avec dans leur agencement. Il avait beau être efficace, lorsqu'il laissait parler ses travers de maniaque, son aide de camp devenait une sorte de... chose à mi chemin entre un démon et l'archétype de la belle mère.
Toutefois, Lenaelle lui sourit tout en époussetant ses vêtements, qui produisirent un petit nuage de poussière et une grimace du furry.

-Je suis enchanté de vous revoir Altesse, la journée a été longue sans vous...
-Mais ?
-Je vous prie de m'excuser Altesse, je ne saisis pas le sens de vôtre question.
Lenaelle défit sa natte avant de secouer sa chevelure pour en retirer une partie du sable qui ne s'était pas privé pour s'installer.
-Il y a toujours un "mais" quand tu laisses traîner la fin de tes phrases comme ça.
Le page sourit en tâchant de dissimuler sa gêne et jeta un regard furtif au plateau.
-Vôtre grâce à toujours été observatrice. Je ne pensais, et ce bien à tort, pas vous revoir avant encore quelques temps, aussi ai-je pris la liberté de vous confectionner un plateau d'agrément. Seulement il n'est pas terminé et il fait tâche auprès de vous, Altesse.
Cette fois Lenaelle eut un léger sourire, presque une simple impression de sourire, chose rare chez elle. Puis elle désigna le plateau en faisant signe à son serviteur de le lui apporter, ordre qu'il s'empressa d'exécuter.
-Je le trouve pour ma part très convenable. Les dates s’accommodent des figues, les raisins restent dans leur coin, la mine renfrognée. Aucune guerre ne semble avoir éclatée. Je pense que ce plateau est parfait, tu es un fin diplomate Dickaon, tu les a accommodé à la perfection.
-Je vous en prie vôtre Altesse, je suis le simple serviteur de la couronne.
Il avait baissé la tête pour ne pas montrer son large sourire, par humilité et gêne de se montrer familier avec celle qu'il servait. Laquelle ne semblait pas s'en offusquer, loin de là, elle aurait aimé que le canidé soit plus extroverti.
-Parfait, dans ce cas fait moi remplir un baquet d'eau tiède, et amène moi Dja'Hal pendant que je goûte ces fruits.
Le serviteur se courba et sortit à reculons, non sans une petite pointe de fierté lui barrant le museau d'un sourire lorsqu'il entendit dans son dos un commentaire faussement assourdit, juste assez pour lui parvenir «Délichieux...», de sa princesse.

Une trentaine de minutes plus tard Lenaelle se trouvait immergée jusqu'au cou dans un large baquet d'étain. L'eau était tiède, elle lui rafraîchissait le corps après une journée sous le soleil cuisant, et Dja'Hal, le mage vautour, se trouvait près d'elle sans que ni l'un ni l'autre ne se soucie de la nudité évidente de la princesse. Ses mains sur les omoplates de sa grâce il lui massait le dos pour la délasser, c'était souvent ainsi que les journées de Lenaelle se terminait lorsqu'elle voyageait et l'emmenait dans son escorte. Le vieux mage possédait de grands talents, il n'avait pas participé à l'éducation de sa protégée pour rien, mais au delà de la magie et des connaissances occultes, il avait apprit l'art de soulager les corps.

-Tu as toujours des doigts agiles Dja'Hal, je me demande si un jour tu sentiras les années peser dessus.
-Je me contente d'espérer que ce jour arrivera demain chaque fois que je me lève Princesse, la vieillesse est bien le seul mal que je ne saurais combattre d'aucune façon.

La princesse sourit, et ils initièrent une discussion à propos des nomades avec lesquels il faudrait manger et discuter, ce qui signifiait en réalité débattre des accords à venir sous le couvert de simples badinages. La coutume voulait que les choses importantes se passent le jour pour eux, car la nuit était le domaine de la Lune et celui des secrets. Or personne ne conclurait un accord officiel en secret, ce serait absurde, aussi cessait-on de parlementer une fois le soleil couché.
La soirée promettait d'être longue, et Lenaelle se préparait à tenir son rôle, une fois de plus. Elle soupira doucement, autant pour la sensation du massage que le poids des responsabilités, envers son peuple, son peuple multiple dont chacun représentait une facette. En comparant le mercenaire rencontré dans la journée aux nomades elle convint pour elle même qu'ils se donnaient tout de même beaucoup de mal pour lui compliquer la vie. Elle décida d'ailleurs de convoquer Pierre une fois le repas terminé.

Les heures passèrent, entre nourritures des deux camps et nouvelles des différentes villes, du négoce des caravanes, des guerres qui se promettaient ailleurs, des mystères qui survenaient dans le désert.

Enfin seule, Lenaelle avait vu la queue de Dickaon passer la porte de toile pour la dernière fois de la soirée. Il lui laissait une table bien rangée, un plateau de fruits réapprovisionné en son centre, et deux coupelles de chaque côté de celui ci. Il y en avait une servant de verre, pleine de sirop, une de thé fumant, Une d'eau de vie et une d'eau. Lenaelle choisit de boire celle d'eau et s'assit dans le fauteuil derrière sa table en attendant que Pierre lui soit amené. Elle portait toujours un corsage simple, quoi que rehaussé d'or et d'argent ainsi que de quelques fils de soie rose et rouge. Sur ses épaules, un manteau lui coulait de par et d'autre du corps, l'encadrant en semblant lui élargir les épaules, ce qui n'était pas le but, elle n'avait personne a impressionner par sa musculature de criquet. Enfin, son éternel cache oeil lui barrait le visage, et son épée dégainée reposait contre son siège, à portée de main.
Lorsque Dickaon revint, Lenaelle reposait doucement la coupelle vide sur la table. Il lui annonça son visiteur puis s'en fut en laissant l'intéressé rentrer dans la grande tente.

-Bonsoir Pierre, j'espérais que vous ne dormiriez pas, j'ai dit à mon aide de ne pas vous réveiller si c'était le cas, mais je suis satisfaite de voir que vous êtes présent. Je vous en prie, prenez place et servez vous, il y en a pour deux, voir même cinq pour être franche.
Elle désigna tour à tour la chaise et le plateau de fruits, puis attendit qu'il se soit exécuté pour expliquer simplement :
-Je pense conclure mon accord avec les nomades demain, au plus tard en moitié d'après midi. Avez-vous prit vôtre décision ? Lorsque nous lèverons le camp, nous suivrez-vous ma suite et moi ?


Dernière édition par Lenaelle Aublanche le Lun 25 Juil - 21:02, édité 1 fois
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Pierre Zélèss
MessageSujet: Re: Là où tout a commencé [PV : Lenaelle Aublanche]   Mer 23 Mar - 21:07

Pierre était resté tout le long dans son coin, fixant le soleil qui avait finalement décidé d'aller se coucher sous le sable, pendant que sa sœur, de l'autre coté, repoussait sa couette ensablée pour prendre la place de son frère dans le ciel. Il avait réfléchi à sa présence ici, à son passé, à ce qu'il avait fait jusqu'à maintenant, ect. Aurait il pu mieux faire ? S'était il caché derrière sa haine pour prendre le chemin le plus facile pour lui ? Peut être, il ne cacha pas cette possibilité. Pouvait il revenir en arrière ? Il n'en était pas vraiment sûr, il s'était déjà bien engouffré dans un monde froid et sanglant, il avait peut être atteint le point de non retour.

Ce fut alors qu'un lycaon vint à sa rencontre pour lui dire que la princesse demandait sa présence dans sa tente. Il l'avait quelque peu oublié et étrangement, il se sentait un peu coupable. Il avait assez mal parlé à la jeune femme tout à l'heure en parlant avec une trop grande franchise. Enfin, il ne s'en voulait pas vraiment pour ça, il s'en voulait plutôt de s'être comporté comme un imbécile alors qu'elle essayait de l'aider.

Pierre accepta l'invitation et alla la rejoindre à sa tente, le lycaon les laissant seul. Le loup l'écouta parler sans rien dire jusqu'à ce qu'elle lui pose la question : allait il la suivre ou pas ? Avant de lui répondre, il posa ses fesses sur le siège qu'elle lui avait montré et lui parla, posément.

- Avant toute chose, je tiens à m'excuser de mon comportement. J'ai été bête de vous parler ainsi alors que vous cherchiez à m'aider, chose que j'apprécie. J'ai plusieurs démêlés avec la royauté d'autres villes et pays qui ont demandé mes services en tant que mercenaire, avant de me poignarder dans le dos.

En disant cela, il caressa doucement sa balafre à l'œil droit du bout de l'index, soupirant longuement, avant de reprendre :

- J'en ai fait une généralité et vous en avez fait les frais, je tiens à m'excuser pour cela.

Il se leva de son siège avant de poser son poing sur le cœur et de se courber doucement vers elle, les yeux fermés, avant de se rassoir sur sa chaise et de poser ses coudes sur la table, croisant ses doigts devant son visage.

- Je ne vais pas me chercher des excuses, j'ai fait beaucoup de choses que vous qualifierez de mal. J'en ai bien conscience. Mais je pense que nous avons pas la même notion de bien ou de mal. La raison est simple : nous avons eu un enseignement différent vous et moi. Attention, je ne parle pas de qualité, uniquement de différence. J'ai vécu dans un clan ou la nature et la loi du plus fort régnait pour ensuite vivre dans un monde que je considérai comme froid et peu hospitalier. La vengeance et la rage étaient ce qui me permettait de survivre sans avoir peur de me salir les mains de sang. Encore maintenant, je pense que c'est parfois la seule solution lors de certains cas. Alors ... voici ma réponse ...

Il se tut un instant, comme pour réfléchir une dernière fois à son choix, voulant être sûr de lui pour ne pas le regretter plus tard et cherchant les mots adéquats. Il finit par respirer profondément une fois pour tout expiré dans un long souffle.

- Je viendrais avec vous. Je veux voir cette possibilité que je n'ai pas pu avoir ou voulu voir de mes propres yeux avant de prendre une décision sur la suite de ma vie. Cependant, je pense que vous avez compris que je ne serais pas facile à convaincre, j'ai mes propres expériences qui sont ancré dans mon crâne. Mais avoir l'esprit fermer de m'aidera pas, alors je ferais un effort pour essayer de mieux comprendre votre vision des choses. Je ne vous demanderai pas de comprendre la mienne, j'ai bien compris que vous étiez opposé à ma façon de vivre. Je tiens juste à vous faire comprendre une chose : je n'ai jamais tué par plaisir et tuer ne m'a jamais procuré aucun bien être. Mais j'ai appris que, malheureusement, tuer est parfois la seule solution qui reste. Du moins, c'est ce que j'ai appris en vivant seul en tant que mercenaire. Peut être me prouverez vous le contraire ? Peut être comprendrez vous ma vision des choses ? Seul l'avenir nous le dira. Mais malgré tout, je tiens à ce que justice soit fait sur le massacre des miens par les Furzys, d'une façon ou d'une autre. Je veux bien essayer vos méthodes, mais si elles ne montrent pas de réelles résultats, je continuerai avec mes méthodes. J'espère que vous comprenez que je ne renoncerai pas aisément à ce qui m'a permis de survivre jusqu'ici facilement princesse. 

Pierre finit par se taire en prenant une grande inspiration et de prendre un fruit sur le plateau, une pomme pour être précis, avant de la mordre à pleine dents. Ses derniers mots furent :

- Je m'en remets à vous. Montrez moi ce monde que mes yeux vengeur n'ont pas pu ou pas voulu voir jusqu'à présent.
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I'm a fur
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Lenaelle Aublanche
MessageSujet: Re: Là où tout a commencé [PV : Lenaelle Aublanche]   Lun 25 Juil - 21:28

Lenaelle attendit patiemment que Pierre s'exprime. Il était important que tout ce que son coeur détenait comme pensées soit entendu, qu'il se purge de ces nuages habitant entre ses oreilles. Elle lissa doucement son manteau de la membrane de ses ailes en posant ses paumes sur ses jambes. Ses yeux attentifs scrutèrent son interlocuteur tout du long de ses explications.
Elle pouvait facilement comprendre les raisons qui le poussaient à parler ainsi. D'une part il ne voulait pas faire mauvaise impression et se cherchait des preuves de la justice de ses actes, probablement. D'autre part, il n'est jamais bon pour qui que ce soit de remuer sans cesse des souvenirs rouges ou noirs, le sang et le saturnisme sont deux poisons mortels même pour les coeurs les plus vaillants, l'instinct cherche par réflexe à s'en prémunir, pour cela il édifie des murs de papier avec des prétextes qui tombent face au moindre contre-argument. Mais Lenaelle sentait bien qu'elle n'avait pas affaire à un individu fondamentalement mauvais, pour elle qui expérimentait encore parfois les aventures en solitaire hors de ses frontière, le bien et le mal n'étaient que des fantasmes pour les naïfs. C'était pour cela qu'elle voulait voir Pierre, pour le lui expliquer une fois qu'elle connaîtrait sa décision, elle ne comptait pas gâcher ses forces à persuader quelqu'un qui ne l'écouterait que d'une oreille avant de s'enfuir dans la nuit.
C'est d'une voix calme que la princesse répondit.

-Vous n'avez à vous excuser de rien. Vous m'avez donné votre vision des choses, votre point de vue est respectable même s'il ne doit pas être exprimé à la manière d'un truisme. Il est un fait que la plupart des petites gens de ma nation savent. Je suis une princesse, certes, j'étudie dans le palais royal, certes, je voyage parfois pour rencontrer d'autres chefs d'état et conclure avec eux divers accord, ou simplement pour échanger des mondanités, certes. Néanmoins, je ne suis pas une chose précieuse que l'on garde dans son écrin en attendant qu'un choc sur la boite la brise. Je me bas moi aussi, et je vis parfois dans le danger au même titre que vous. -La chauve-souris fit doucement glisser un lacet de sa tunique et retroussa le tissu jusqu'à son coude. Dans la fourrure se voyait une balafre d'une bonne dizaine de centimètres, un trait rectiligne tranchant dans le rose clair de sa fourrure courte.- Je ne suis pas d'humeur à expliquer d'où viennent mes cicatrices, je ne me plais pas à les dévoiler et je ne me souviens d'elles que pour en tirer des enseignements qui m'empêchent de voiler ma raison à nouveau. Vous vous en douterez si je les désigne au pluriel c'est que ma collection s'étend à plus que celle ci. -Tout en parlant elle remit le tissu en place et raccrocha sa manche avec soin sans quitter le loup du regard.- J'ai déjà tué, j'ai déjà faillit l'être, et j'ai déjà faillit l'être sans répondre par une violence équivalente, car certaines vies se troublent parfois au point de tenter de commettre le pire des crimes sans qu'il soit nécessaire de leur offrir la mort pour les rappeler à leur nature véritable. Je pense que vous voyez où je veux en venir. Lorsque je vous ai demandé si nous avions le droit de juger du droit de vivre d'autrui je vous ai manipulé, il n'existe pas de bonne réponse qui se termine par oui ou non. La vérité est comme la réalité, elle change constamment et il faut faire avec. Il faut savoir épargner le plus souvent possible comme admettre que certaines choses sont parfois perdues à jamais, le meilleur moyen d'épargner ces êtres où ceux qu'ils persécutent est alors un emprisonnement prolongé, dans le vif de l'action, c'est souvent une mise à mort propre.

La princesse soupira doucement, son pouce dérivant le long de la cicatrice sous l'étoffe. Elle se saisit du pot à eau et remplit à nouveau sa coupelle d'eau avant d'y boire une gorgée du bout du museau. Un instant de silence plana, des mots auraient put le combler mais il était nécessaire, plein d'une sorte de gravité que l'instinct demande de ne pas déranger. Lenaelle reprit alors la parole.

-Demain je conclurai un accord qui protégera les nomades du désert de Pik-Pik et assurera un échange lucratif entre les sédentaires et ce peuple. Puis je rentrerai pour mon palais, si vous me suivez je serait à votre disposition chaque fois que mon emplois du temps me le permettra. Ne vous attendez pas à m'avoir en permanence à vos côtés, nous sommes tous deux assez grands pour nous occuper de nous même. Cependant je tiens à vous comprendre autant que j'aspire à vous ouvrir de nouveaux horizons, aussi n'hésitez jamais à déranger mon aide de camp, il peut se montrer froid lorsqu'il estime que sa tâche à accomplir est importante, mais c'est un furry bon qui ne manquera pas de me faire parvenir vos mots. Maintenant que nous en avons finit avec ce choix, est-il autre chose dont vous aimeriez me parler ?
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I'm a fur
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Pierre Zélèss
MessageSujet: Re: Là où tout a commencé [PV : Lenaelle Aublanche]   Lun 25 Juil - 22:49

Pierre mangea doucement sa pomme en écoutant les paroles de la princesse avec attention, hochant doucement la tête de temps à autre. Elle défendait son point de vue avec calme et avait les mots justes, chose que le loup respectait. Mais il n'était pas vraiment d'accord avec elle sur certains points, comme le fait d'enfermer un criminel plutôt que de l'exécuter. Bien sûr, tout dépendait de la gravité de l'acte, mais aussi de l'état d'esprit de la personne et d'autres détails plus ou moins importants. Mais bon, il était inutile de remettre cela, il valait sans doute mieux attendre quelques temps pour avoir une discussion entre quatre yeux où l'un comme l'autre aura un esprit plus apte à assimiler les choses.

- J'ai bien compris que vous n'étiez pas une petite chose fragile, vous êtes davantage ... un diamant je dirais. Solide, difficile à fragiliser, ayant vécu des choses parfois éprouvantes pour se former et devenir ce qu'il est aujourd'hui. Du moins, c'est l'impression que vous me donnez, à vous de juger si cette interprétation semble vous sied.

Pour la première fois depuis leur rencontre, il lui fit un sourire franc, finissant son trognon de pomme avant de le jeter dans la poubelle la plus proche. Maintenant que Pierre était plus détendu et faisait davantage confiance à cette princesse, il semblait plus souriant et moins sur la défensive, ses muscles moins noués qu'avant. Il resta un moment sans rien dire, regardant les cicatrices de la princesse, faisant de même de son coté, montrant un corps recouvert de nombreuses cicatrices, dont une énorme en forme de croix sur le torse, remettant ensuite sa veste sur lui.

- Malgré nos différentes façons de voir les choses, j'ai l'impression qu'on a davantage en commun que je ne le pensais. Et croyez moi, je comprends votre point de vue. Je ne suis pas vraiment d'accord avec, mais ça ne veut pas dire que vous avez tord ou que j'ai raison, tout le monde a son propre point de vue, influencé par le milieu de vie, les personnes nous entourant, nos actes, nos actions, et j'en passe. Comme vous l'avez dit, la réalité change et il faut faire avec ... Mais la réalité d'une personne change d'une autre. Et ...

Il s'arrêta de parler subitement, poussant un long soupir et de poser son poing sur sa tempe en riant très légèrement.

- Excusez moi, j'ai vraiment la tête dure. Je cherche encore à me trouver des excuses pour ce que j'ai fait et ce que je pense. Voilà le risque quand on a un père qui croit toujours avoir raison en étant chef : on finit par devenir comme lui. Si vous l'aviez connu, vous comprendrez que c'est héréditaire, et pas qu'un peu.

Il rit doucement en disant cela, se rappelant de plusieurs choses qui le firent sourire, un sourire mélancolique.

- Je sais que ma vision des choses est restreinte ... Mais quand on vit constamment dans le risque de se faire tuer, on devient parfois parano, cette impression que tout est mal gangrénant notre façon de voir le monde tel une maladie. Et la peur finit par naitre de cela. La peur de se dire "et si j'avais fait ça ?". Je reconnais que cette question est quelque chose qui m'empêche parfois de dormir la nuit. Si j'avais laissé en vie cet homme, il aurait pu voir sa fille. Si je l'avais tué, il n'aurait pas tué cet enfant devant sa mère impuissante. Ce sont peut être que des excuses pour vous, et c'est peut être le cas ... J'avoue ne pas vraiment m'en rendre compte. Mais n'ayant pas connu autre chose que la vie dans la rue, de mercenaire et de survie, je ..... Raaaah et je recommence ... Je vais arrêter de vous bassiner avec mon radotage, a croire que je commence sérieusement à me faire vieux avec mes 140 balais ...

Il finit par se lever doucement de sa chaise en souriant doucement à la princesse, enfonçant complètement ses gants de motards qui commençaient un peu à fuir un peu de ses mains.

- Je vous suivrai princesse. Je suis un homme ignorant qui cherche à voir autre chose que son nez. Vous m'avez donné la possibilité de voir autre chose, il serait idiot de ma part de refuser. Je sens que je peux vous faire confiance. Je vous laisse tranquille, j'ai besoin de me dégourdir un peu les muscles. Si jamais vous avez besoin de moi, n'hésitez à me convoquer.

Après une dernière petite courbette, Pierre finit par quitter la tente de la jeune femme pour s'éloigner un peu du camp, enlevant sa veste pour la déposer sur une caisse et commençant à frapper le vide de ses poings et à modéliser la terre pour s'entrainer à la magie, formant des stalagmites, faisant trembler la terre en essayant de ne pas déranger le camp, faisant flotter les roches ou faisant remonter des roches dans les sols.
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